De plus, ce règne des machines, admirable comme production de richesse, en revanche, attire et dévore les races, dépeuple les campagnes.


L’autre siècle, le XVIIIe siècle, n’était pas mieux né, dira-t-on. Il naît des guerres de Louis XIV et de la famine de 1709, comme celui-ci du maximum et des famines de la révolution.

Mais ceci n’explique pas la diversité de leur allure. Le nôtre est vacillant.

Comme en comparaison, le dix-huitième est vif, et franc marcheur, a le jarret nerveux !

Quand le dix-huitième donne la Régence, les Lettres persanes et Voltaire, son mouvement est simple, il monte vers la lumière, loin du ténébreux moyen âge. Même quand il s’étend, par Diderot et l’Encyclopédie, il suit encore sa voie. Et la scission apparente de Rousseau l’y mène par un autre chemin.

Tout peut se dire d’un mot : l’escalade vers la liberté.

Le XIXe siècle, riche et vaste, mais lourd, regarde vers la fatalité.

Nos pères, lestes marcheurs, pouvaient quelquefois passer dans la boue, mais n’en montaient pas moins, s’accrochant à tout, à leurs passions, même à leurs vices, et regardant toujours en haut.

Les nôtres, au contraire, que font-ils de leurs passions ? Pas grand chose. Ils regardent toujours sombrement en bas, vers des endroits obscurs, la matière, la basse avarice.