Le mariage est très faible, léger en France, en Allemagne mou et débonnaire. En Angleterre, il est meilleur. Pourquoi ? Parce que la maison est fermée.
Mais ce qui en France est terrible autant que nos vices, c’est une de nos vertus, l’attachement excessif des parents pour les enfants.
Cela tient surtout à une cause trop oubliée. Depuis les départs cruels de la Réquisition, de la Conscription de Bonaparte, qui étaient funèbres, le cœur maternel a faibli, et une tradition de faiblesse persiste chez nous, que ne connaît pas l’Angleterre.
Ce fils ménagé, tant gâté, d’autant plus ne fait rien, tourne à rien.
Les lois de la Révolution, faites pour le grand combat contre l’Europe, donnaient tout l’avantage aux jeunes, à ceux qui combattaient.
Aujourd’hui les mêmes avantages restent à une jeunesse grasse et paresseuse, qui se moque des avis du père, et n’hérite pas moins.
De là, déclin rapide. A la génération, peu endormie encore, de la Restauration, ont succédé les ventrus de Louis-Philippe et les petits crevés de Louis Bonaparte.
Il faut des lois qui excitent l’homme jeune. Car, disent très bien les Américains, si la propriété excite et rend actif, l’hérédité, en revanche, rend paresseux, endort.
Au milieu de cette enquête, quelques personnes, trop confiantes dans ma lucidité, m’ont demandé : « Que pensez-vous de l’avenir ? Ce siècle se relèvera-t-il ? »