«Eh bien! vous n'avez pas réussi, Simon Hart, et, en ce qui concerne ceci, ajoute-t-il, tandis qu'il agite le tube de verre, personne n'a réussi encore… ni ne réussira!»
Thomas Roch, ainsi que je m'en doutais, n'a donc pas fait connaître la composition de son déflagrateur!… Après l'avoir regardé bien en face, je réponds: «Vous savez qui je suis, Thomas Roch… mais savez-vous chez qui vous êtes ici?…
— Chez moi!» s'écrie-t-il. Oui! c'est ce que Ker Karraje lui a laissé croire!… À Back-Cup, l'inventeur se croit chez lui… Les richesses accumulées dans cette caverne lui appartiennent… Si on vient attaquer Back-Cup, c'est pour lui voler son bien… et il le défendra… et il a le droit de le défendre! «Thomas Roch, repris- je, écoutez-moi…
— Qu'avez-vous à me dire, Simon Hart?…
— Cette caverne où nous avons été entraînés tous les deux est occupée par une bande de pirates…» Thomas Roch ne me laisse pas achever, — je ne sais même s'il m'a compris, — et il s'écrie avec véhémence:
«Je vous répète que les trésors entassés ici sont le prix de mon invention… Ils m'appartiennent… On m'a payé le Fulgurateur Roch ce que j'en demandais… ce qui m'avait été refusé partout ailleurs… même dans mon propre pays… qui est le vôtre… et je ne me laisserai pas dépouiller!»
Que répondre à ces affirmations insensées?… Je continue cependant en disant: «Thomas Roch, avez-vous conservé le souvenir de Healthful-House?
— Healthful-House… où l'on m'avait séquestré, après avoir donné mission au gardien Gaydon d'épier mes moindres paroles… de me voler mon secret…
— Ce secret, Thomas Roch, je n'ai jamais songé à vous en enlever le bénéfice… Je n'aurais pas accepté une telle mission… Mais vous étiez malade… votre raison était atteinte… et il ne fallait pas qu'une telle invention fût perdue… Oui… si vous me l'aviez livrée dans une de vos crises, vous en eussiez conservé tout le bénéfice et tout l'honneur!
— Vraiment, Simon Hart! répond dédaigneusement Thomas Roch. Honneur et bénéfice… c'est me dire cela un peu tard!… Vous oubliez que l'on m'avait fait jeter dans un cabanon… sous prétexte de folie… oui! prétexte, car ma raison ne m'a jamais abandonné, pas même une heure, et vous le voyez bien par tout ce que j'ai fait depuis que je suis libre…