Même manoeuvre pour le transport de Gaydon, qui s'effectua sans difficulté. Les deux autres hommes le soulevèrent, et, descendant à travers le jardin en contournant les massifs, gagnèrent vers le mur d'enceinte.

En cette partie du parc, toujours déserte, l'obscurité se faisait plus profonde. On ne voyait même plus, au revers de la colline, les lumières des bâtiments de la partie supérieure du parc et des autres pavillons de Healthful-House.

Arrivé devant la porte, le capitaine Spade n'eut que la peine de la tirer à lui.

Ceux des hommes qui portaient le gardien la franchirent les premiers. Thomas Roch fut sorti le second aux bras des deux autres. Puis, le capitaine Spade passa à son tour et referma la porte avec cette clé qu'il se proposait de jeter dans les eaux de la Neuze, dès qu'il aurait rejoint l'embarcation de l'Ebba.

Personne sur le chemin, personne sur la berge.

En vingt pas, on retrouva le maître d'équipage Effrondat, qui attendait, assis contre le talus.

Thomas Roch et Gaydon furent déposés à l'arrière du canot, dans lequel le capitaine Spade et ses matelots vinrent prendre place.

«Envoie le grappin et vite», commanda le capitaine Spade au maître d'équipage.

Celui-ci exécuta l'ordre, puis, s'affalant le long de la berge, embarqua le dernier.

Les quatre avirons frappèrent l'eau, et l'embarcation se dirigea vers la goélette. Un feu, en tête du mât de misaine, indiquait son mouillage, et, vingt minutes avant, elle venait d'éviter sur son ancre avec le flot.