—En quoi les affaires de la famille Ceroni regardent-elles M. Beauval? interrogea le Kaw-djer d’un ton où grondait un commencement d’orage.
—Tout ce qui se passe dans la colonie regarde le Gouverneur, expliqua Beauval, en s’efforçant de se hausser, par l’attitude et l’accent, à la dignité qui convenait à cette fonction.
—Or, le Gouverneur?...
—C’est moi.
—Ah! Ah!... fit le Kaw-djer.
—J’ai été saisi d’une plainte... commença Beauval sans relever la menaçante ironie de l’interruption.
—Par Sirk! dit Halg, qui n’ignorait pas les accointances des deux personnages.
—Nullement, rectifia Beauval, par le père, par Lazare Ceroni, lui-même.
—Bah!... objecta le Kaw-djer. C’est donc que Lazare Ceroni parle en dormant?... Car il dort. Il ronfle même en ce moment.
—Vos railleries n’empêcheront pas qu’un crime ait été commis sur le territoire de la colonie, répliqua Beauval d’un ton rogue.