Une torche fut allumée. On pénétra dans la caverne.
Aussitôt, profitant de la solitude et de l’obscurité revenues, une ombre se détacha des roches de l’entrée. Sirdey était renseigné maintenant. Dorick tué ou pris, il jugeait opportun, dans tous les cas, de se mettre à l’abri. Lentement, d’abord, il s’éloigna. Puis, quand il estima la distance suffisante, il accéléra sa fuite. Il disparut dans la nuit.
Pendant ce temps, le Kaw-djer et ses hommes exploraient le théâtre du drame. Le spectacle y était affreux. Sur le sol éclaboussé de sang, traînaient partout d’effroyables débris. On eut peine à identifier Dorick, dont les bras et la tête avaient été emportés par l’explosion. A quelques pas, gisait William Moore, le ventre ouvert. Plus loin, Kennedy, sans blessure apparente, semblait dormir. Le Kaw-djer s’approcha de ce dernier.
—Il vit, dit-il.
Vraisemblablement, l’ancien matelot, à demi étranglé par le Kaw-djer et incapable par suite de se relever, avait dû le salut à cette circonstance.
—Je ne vois pas Sirdey, fit observer le Kaw-djer en regardant autour de lui. Il en était, pourtant, paraît-il.
La grotte fut en vain méticuleusement visitée. On ne releva aucune trace du cuisinier du Jonathan. Par contre, sous l’amas de branches qui le dissimulait, Hartlepool découvrit le baril de poudre dont Dorick n’avait prélevé qu’une faible partie.
—Voilà l’autre baril!... s’écria-t-il triomphalement. Ce sont nos gens de l’autre fois.
A ce moment, une main saisit celle du Kaw-djer, tandis qu’une faible voix gémissait doucement.
—Sand!... Gouverneur!... Sand!...