—Nous espérons, d’ailleurs, ajouta obligeamment M. Aguire, voir se continuer les bons rapports entre le Chili et l’île Hoste.

—Nous l’espérons aussi, répondit le Kaw-djer, et peut-être, en constatant les résultats du système appliqué à l’île Hoste, la République Chilienne sera-t-elle portée à l’étendre aux autres îles de l’archipel magellanique.

M. Aguire ne répondit que par un sourire qui signifiait tout ce qu’on voulait.

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Le Kaw-djer commença les travaux (Page 396.)

Désireux d’entraîner la conversation hors de ce terrain brûlant, Harry Rhodes, qui assistait à l’entrevue avec ses deux collègues du Conseil, aborda un autre sujet.

—Notre île Hoste, dit-il, comparée aux possessions argentines de la Terre de Feu, peut donner matière à intéressantes réflexions. Comme vous le voyez, Monsieur, d’un côté la prospérité, de l’autre le dépérissement. Les colons argentins reculent devant les exigences du Gouvernement de Buenos-Ayres, et, devant les formalités qu’il impose, les navires font de même. Malgré les réclamations de son Gouverneur, la Terre de Feu ne fait aucun progrès.

—J’en conviens, répondit M. Aguire. Aussi le Gouvernement Chilien a-t-il agi tout autrement avec Punta-Arenas. Sans aller jusqu’à rendre une colonie complètement indépendante, il est possible de lui accorder bon nombre de privilèges qui assurent son avenir.

—Monsieur le Gouverneur, intervint le Kaw-djer, il est cependant une des petites îles de l’archipel, un simple rocher stérile, un îlot sans valeur, dont je demande au Chili de nous consentir l’abandon.