—Lequel? interrogea M. Aguire.
—L’îlot du cap Horn.
—Que diable voulez-vous en faire? s’écria M. Aguire étonné.
—Y établir un phare qui est de toute nécessité à cette dernière pointe du continent américain. Éclairer ces parages serait d’un grand avantage pour les navires, non seulement ceux qui viennent à l’île Hoste, mais aussi ceux qui cherchent à doubler le cap entre l’Atlantique et le Pacifique.
Harry Rhodes, Hartlepool et Germain Rivière, qui étaient au courant des projets du Kaw-djer, appuyèrent sa remarque, en faisant valoir la réelle importance, que M. Aguire n’avait, d’ailleurs, nulle envie de contester.
—Ainsi, demanda-t-il, le Gouvernement de l’île Hoste serait disposé à construire ce phare?
—Oui, dit le Kaw-djer.
—A ses frais?
—A ses frais, mais sous la condition formelle que le Chili lui concéderait l’entière propriété de l’île Horn. Voilà plus de six ans que j’ai fait cette proposition à votre Gouvernement, sans arriver à un résultat quelconque.
—Que vous a-t-on répondu? demanda M. Aguire.