Le jeune homme revenait de sa visite quotidienne à Graziella. Dès qu’il aperçut le Kaw-djer, il courut à sa rencontre.
«Je sais, lui dit-il d’une haleine, qui fournit l’alcool à Ceroni.
—Enfin!... dit le Kaw-djer avec satisfaction. Qui est-ce?
—Patterson.
—Patterson!...
—Lui-même, affirma Halg. Tout à l’heure, je l’ai vu lui remettre du rhum. Je m’explique maintenant pourquoi ils sont si bons amis, tous les deux.
—Tu es sûr de ne pas te tromper? insista le Kaw-djer.
—Absolument. Le plus curieux, c’est que Patterson ne donne pas sa marchandise. Il la vend, et même assez cher. J’ai entendu leur discussion. Ceroni se plaignait. Il disait que toutes ses économies étaient passées dans la poche de Patterson et qu’il n’avait plus rien. L’autre ne répondait pas, mais il paraissait peu disposé à continuer, du moment que c’était gratuitement.
Halg s’arrêta un instant, puis s’écria avec colère:
—Si Ceroni n’a plus d’argent, il est capable de tout. Que vont devenir sa femme et sa fille?