Oh! qu'il a été courageux! qu'il a été persévérant! et combien de fois je me suis attendrie, en songeant à cette faible lumière qui veillait si tard, et allait éclairer notre glorieux passé.
Mais il a fini sa tâche laborieuse. Maintenant longue est sa nuit. J'ai visité sa tombe au cimetière Belmont. Alors, je n'avais jamais versé de larmes amères, et ma vive jeunesse s'étonnait et se troublait du calme des tombeaux; mais devant le monument de notre historien, le généreux sang de mes ancêtres coula plus chaud dans mes veines.
Je me souviens que j'y restai longtemps. Enfant encore par bien des côtés, je n'étais cependant pas sans avoir profité de l'éducation que j'avais reçue. Déjà, j'avais le sentiment profond de l'honneur national, et, comme celui qui dit à Garneau l'adieu suprême au nom de la patrie, j'aurais voulu lui assurer la reconnaissance immortelle de tous les Canadiens.
Il a effacé pour toujours les mois de race conquise,
de peuple vaincu.
Il a été un homme de courage, de persévérance héroïque,
de désintéressement, de sacrifice.
Qu'il repose sur le champ de bataille qu'il a célébré,
non loin des héros qu'il a tirés de l'oubli!
Et nous, Dieu veille nous donner comme à nos pères, avec le sentiment si français de l'honneur, l'exaltation du dévouement, la folie du sacrifice, qui font les héros et les saints.
28 septembre.
Soirée délicieuse. J'aime ces
«……. nuits qui ressemblent au jour, Avec moins de clarté, mais avec plus d'amour,»
et si une joie de la terre devait encore faire battre mon coeur, je voudrais que ce fût par une nuit comme celle-ci, dans ce beau jardin où dort la lumière paisible de la lune.
J'ai passé la soirée presque entière sur le balcon, et volontiers j'y serais encore.