Vôtre, à jamais.
Maurice.
(Angéline de Montbrun à Maurice Darville)
Maurice, pardonnez-moi.
Cette résolution de ne pas vous recevoir, vous pouvez me la rendre encore plus difficile, encore plus douloureuse à tenir, mais vous ne la changerez pas.
Et faut-il vous dire que le ressentiment n'y est pour rien.
Cher ami, je n'en eus jamais contre vous. Non, vous n'avez pas trompé sa noble confiance, non, vous n'avez pas manqué à votre parole, et moi aussi je tiendrai la mienne.
Mais croyez-moi, ce n'est pas avec un sentiment dont vous avez déjà éprouvé le néant, que vous rempliriez le vide de votre coeur et de vos jours.
Je le dis sans reproche. Ô mon loyal, je n'ai rien, absolument rien à vous pardonner.
Pourquoi m'avez-vous aimée? Pourquoi ai-je tant assombri votre jeunesse? Et pourtant, nous avons été heureux ensemble. Vous rappelez-vous comme la vie nous apparaissait belle? Mais il n'est pas de main qui prenne l'ombre, ni qui garde l'onde.