En sixième ordre, et perdant beaucoup à cause du voisinage des lévriers, arrivaient pesamment, comme des présidens de cour de cassation, la députation des braques: grande gravité d’oreilles.
Puis les limiers, chiens muets, ressemblant aux braques comme les huissiers aux présidens: oreilles plus épaisses, courte queue.
Puis les bassets, originaires de la Flandre et de l’Artois, la terreur des blaireaux, et qui répondent au cri de coule, coule, bassets!
Puis les chiens couchans d’Espagne, qui chassent du haut nez, et piquent la sonnette.
Puis encore des lévriers charnaigres, qui bondissent; des lévriers harpés, sans ventre; des lévriers nobles, au râble large; des lévriers gigotés, aux os éloignés; des lévriers nobles, de longue encolure; des lévriers œuvrés, au palais noir.
Après se pressaient les chiens courans de race royale ou chiens français; les chiens de race commune, baubis et bigles.
Enfin, vaste état-major du chenil, on voyait les chiens allans, les chiens trouvans, les chiens batteurs, les chiens babillards, les chiens menteurs, les chiens vicieux, les chiens sages, les chiens de tête et d’entreprise, les chiens corneaux, clabauds; les chiens de change, armés, belle gorge, butés.
Et après tout, la populace des chiens, les mâtins sans origine connue, dont la vaste nomenclature aurait fait reculer la plume patiemment éloquente de Buffon.
Introduits, dans le même ordre, au centre de la chapelle, on les arrangeait de front, d’après l’âge ou le mérite, devant le tableau de saint Hubert, exposé sur le maître-autel; saint Hubert, je l’ai déjà dit, patron des chasseurs et des chiens; personnage qui répond à saint Donin, patron des chasseurs italiens, et à saint Denis, patron des chasseurs provençaux.
Et quand les chiens avaient pris leur place, aussi respectueusement que possible, l’aumônier du château commençait le sacrifice de la messe, sous l’invocation de saint Hubert.