Il n’y a donc pas d’amitié sur la terre?

Six heures moins une minute, et personne! personne!

Six heures!

Une voiture à quatre chevaux arrive, s’arrête: des chevaux anglais, de l’or sur les roues; la portière s’ouvre.

Une femme très-jeune encore descend et regarde de tous côtés; elle est belle, elle est somptueusement parée; on se presse à la grille des Tuileries pour l’admirer.

Cette dame, c’est Marie, la pauvre Marie, la fille du lieutenant devenu aveugle à la suite d’un coup de feu dans la campagne du Rhin.

Comment était-elle si riche? Voici: l’empire s’était écroulé; la restauration avait rendu aux parens de Marie tous les biens dont la révolution les avait privés.

Je vous ai dit que dix ans se passaient vite; l’empire de Napoléon était passé avec eux.

Mais tandis que Marie cherchait encore autour d’elle, vêtue d’une robe modeste, dans une tenue dont la propreté ne cachait pas la misère, une femme la salue avec respect et s’approche d’elle avec indécision.—Marie est dans les bras de Clarisse.

Clarisse, la fille du général, la riche Clarisse, était ruinée, et ruinée depuis long-temps. A la suite de funestes opérations de banque, son mari avait fait faillite et était parti pour l’étranger.