— J’ai même cru en vous voyant que vous attendiez quelqu’un.

— Quelqu’un ? Vous m’intriguez. Et peut-on savoir qui ?

— Non, j’en ai déjà trop dit. Ce serait indiscret.

— Oh ! oh ! je vois qu’on vous a parlé de moi, qu’on vous en a dit du mal ; et vous l’avez cru ?

— Moi, je n’ai rien cru… je plaisantais.

— Vous voyez, vous hésitez… Eh bien ! je vais répondre pour vous : Tout à l’heure, comme j’étais dans le vestibule, j’ai entendu que vous disiez à Olive : « Tu ne te trompes pas, ce n’est pas M. Paul qu’elle a demandé ? » Vous avez donc cru que j’attendais votre ami… Oh ! je sais les bruits qui courent ; je suis très libre avec tout le monde, il en résulte un tas de légendes qui m’amusent ; mais peu importe ; en ce qui concerne votre ami, je vous le dis tout de suite : je ne voudrais pas, cela me gênerait qu’il y eût de votre part je ne sais quelle réserve à mon égard, si par la suite, comme j’en ai l’espoir, mous devenions de bons amis.

— Vous aimez tant les malades !…

— Ne vous moquez pas de moi. Vous voyez, je vous parle sans arrière-pensée. Je serai très contente, si je ne vous fatigue pas trop, de vous apporter de temps en temps une seconde de distraction et je ne voudrais pas que vous pensiez, quand il vous plaira de recevoir ma visite, que c’est du temps que je dérobe à votre ami. Si vous deviez avoir un scrupule quelconque de ce côté, j’en serais peinée. Je suis très franche. Je n’ai rien à dérober à votre ami. Je n’appartiens à personne.

— Oh ! je n’ai pas été jusqu’à supposer…

Et je pense : « Pourquoi me dit-elle cela ? »