XV
L’ADVERSAIRE
La voici. J’ai reconnu sa façon d’ouvrir la porte d’entrée. Maintenant elle cause avec ma mère dans le vestibule.
— Bonjour, madame. Je viens prendre des nouvelles de votre cher malade, savoir si vous ne l’avez pas trop grondé hier de m’avoir gardée si longtemps.
— Au contraire, j’étais très contente que vous ayez bien voulu le distraire ; mais il a besoin de se ménager.
— Aussi, je ne fais que monter… Ce n’est pas une visite… Je ne reste pas.
— Mais si, restez un moment. Ça lui fera plaisir.
Ma mère est retournée à ses occupations.
J’entends un pas jeune et conquérant qui gravit l’escalier. Mon pouls, mes tempes battent avec force. Elle est derrière la porte vers laquelle je me tourne avec une impatience et une joie qui me feraient crier. Elle a frappé et, aussitôt, je vois remuer le bouton qu’elle a saisi.
— On peut entrer ?
— Entrez vite.