— Je ne devrais pas vous répondre, mais je suis bonne. Si je désire votre guérison, entendez-vous bien, ce n’est pas parce que vous êtes malade, c’est parce que c’est vous.

— Mais alors, c’est de l’amour !…

— Qui sait ?

Je voudrais poser ma tête sur ses genoux, lui dire simplement : « Je vous aime », et puis je voudrais qu’elle me prît dans ses bras et demeurer longtemps, à me sentir plus chétif, plus heureux, plus parfumé que l’insecte qui dort au cœur de la rose. Voilà ce que je voudrais ; et je lui parle sur un ton de léger badinage.

Elle reprend :

— Vous aussi, vous me croyez frivole parce que je suis gaie. Vous savez, sur un quai de gare, au moment de quitter ceux qu’on aime, on plaisante, on dit des choses légères, on rit pour ne pas se montrer ému ; eh bien ! Je suis toujours comme sur un quai de gare. Je plaisante, je ris, j’ai l’air comme ça. Mais on ne voit pas ce qu’il y a dessous. On me croit incapable d’éprouver une émotion profonde ; oui, on me croit frivole parce que je suis gaie…

— Vous êtes une grande méconnue.

Elle s’est penchée vers moi, elle me baise doucement le front.

— Et vous, cher railleur, cher incrédule, ne doutez pas, ne doutez plus de moi… et promettez-moi une chose ?

— Laquelle ?