— Je suis la seule coupable. C’est de ma faute…

Paul met la main sur son épaule, se penche et la console :

— Ma petite amie ; ne pleurez pas… Ne pleurez pas, ma petite amie… Ce n’est pas de votre faute.

Son attitude m’irrite. Il insiste sur ces mots comme pour rejeter la faute sur moi. Je lui dis :

— C’est bon. Ne la touche pas… je te prie de ne pas la toucher…

Il ne m’écoute pas.

— Entends-tu ce que je te dis, je te défends… je te défends de la toucher…

En cette journée de dimanche, des gens passent sous ma fenêtre, qui peuvent nous entendre, s’arrêter, intrigués par l’éclat de ma voix ; je n’en ai nul souci. Je me sens prêt à toutes les violences. En moi, un instinct mauvais, longtemps contenu, veut se libérer. Je suis comme un homme monté au faîte de sa maison et qui entend son chien, enfermé dans la cave, qui hurle pour sortir.

Cependant Javotte sanglote, étrangère à ce qui se passe autour d’elle ; Paul, dont la main n’a pas quitté son épaule, répète :

— Remettez-vous, ma petite amie ; ne pleurez plus…