Ainsi, il a suffi d’une petite question répétée pour la déshabiller de ses mensonges. Elle m’apparaît dans sa vérité banale. Tout ce qui s’agitait de fiévreux en moi est désarmé. Dans les crises comme celles-ci, il vient un moment où l’on ne sent plus rien. Je n’aurais pas cru que je pourrais être si calme. Je suis seulement à bout de forces.

— Maintenant, allez-vous-en… allez-vous-en…

Paul l’entraîne :

— Oui, venez ; cela vaudra mieux.

Je la regarde partir et je demeure assommé. Voilà ce qu’il me reste du dernier présent que me fit la vie !…

Du couloir m’arrive encore l’éclat d’une voix nerveuse, une voix de femme excédée répondant à Paul :

— Ah ! laissez-moi !

Il se fait un silence. Elle descend l’escalier tandis que Paul, sans insister, rentre dans sa chambre.

XX
LA SAGESSE

Le lendemain, j’ai fait remettre à Paul ce billet :