— Allons ! ce n’est pas brillant : mais il ne faut pas s’en étonner… Vous ne voulez donc pas guérir ?

Il sait ce qui se passe et il me le fait comprendre d’une façon bourrue et paternelle qu’autorisent son âge et sa fonction. Puis, se tournant vers ma mère :

— Madame, il faut emmener votre fils. Si vous prolongez votre séjour ici, je ne réponds plus de rien. Je parle devant lui pour qu’il ne l’ignore pas.

J’ai dit :

— Mais je ne peux pas me mettre en route dans l’état où je suis. Je me sens trop faible.

— Rassurez-vous, ce n’est pas le voyage qui m’inquiète ; vous le supporterez très bien. Choisissez aux environs de Paris un endroit aéré, éloigné de la Seine, vous y serez au mieux pendant les mois de soleil.

Ma mère, alors, a proposé :

— Nous avons à Sannois, dans la vallée de Montmorency, une petite propriété où nous passions chaque année, avant sa maladie, une partie de l’été. Comme il nous faut désormais renoncer à Paris, c’est là que nous comptons nous fixer définitivement.

— C’est cela. Allez-y ; c’est ce qu’il vous faut. Mais partez le plus tôt possible. Vous m’entendez bien, partez sans plus attendre.

Il en est ainsi décidé. Nous partons dans une semaine. Mais aurai-je la force de ne pas la revoir ?