AUGUSTE, ADRIEN.
ADRIEN—Monsieur, pardonnez-moi; je suis monté ici par un raccourci, j'avais besoin de vous parler.
AUGUSTE—Tiens, c'est vous, jeune homme? Tron de Diou, je n'espérais pas vous revoir si tôt.
ADRIEN—Monsieur, j'ai deviné sous votre modeste costume un homme bien né qui a connu de meilleurs jours, et cela m'a décidé à réclamer de vous un service d'un prix inestimable pour moi.
AUGUSTE—Un service? Vous m'en avez rendu un bien mince pour demander si vite du retour. Écoutez, mon camarade, dans le cours de ma vie, j'ai donné des milliers de louis, à des hommes que je connaissais moins encore que vous ne me connaissez, sans exiger d'eux même un remerciement.
ADRIEN—Monsieur, je ne mérite pas ces duretés.
AUGUSTE—Enfin, que me voulez-vous?
ADRIEN—N'avez-vous pas dit, à l'auberge, que vous alliez chez M. Jolin?
AUGUSTE—Je l'ai dit.
ADRIEN—Vous avez fait entendre, si je ne me trompe, que vous pouviez exercer sur lui quelque influence.