TROISIÈME TABLEAU

LE TOIT PATERNEL

(Le théâtre représente une pièce élégamment meublée. Au lever du rideau, Jolin est assis près d'une table, occupé à feuilleter des livres de comptes. Mme Saint-Vallier est assise en face et fait quelque travail de broderie. Blanche est au piano, fredonnant négligemment quelques lambeaux de romance; et, même après que la conversation est commencée, elle continue à plaquer des accords par-ci par-là. Une lampe éclaire la pièce.)

SCÈNE I

JOLIN, Mme SAINT-VALLIER, BLANCHE.

JOLIN—Quelle jolie voix elle a, cette aimable Blanche! Vous avez admirablement cultivé votre fille, madame Saint-Vallier.

Mme SAINT-VALLIER—Elle ne manque pas de talent en effet, cher monsieur Jolin. Mais, vous savez, la jeunesse, ça n'a pas toujours la tête solide. Blanche, chante donc à M. Jolin la romance qu'il aime, tant Les quatre âges du cœur, tu sais...

BLANCHE—Je ne suis pas en voix, maman.

JOLIN—J'espère que Blanche sera toujours reconnaissante, raisonnable, et docile à vos instructions..

Mme SAINT-VALLIER—Certainement cher monsieur; Blanche ne sera pas une ingrate. Elle a maintenant dix-neuf ans; c'est l'âge ou jamais de prendre la vie au sérieux, d'apprécier les positions, les caractères, de reconnaître les bienfaits et les affection véritables.