JOLIN—Sans doute, sans doute. (À Blanche.) N'est-ce pas, Blanche, que vous vous montrerez toujours digne des soins que l'on a pour vous?

BLANCHE—Je l'espère, monsieur.

JOLIN—Charmante enfant!... Mais pourquoi ne pas m'appeler votre ami, ma fille?... Pourquoi ce titre de monsieur si banal et si froid? Allons, venez m'embrasser, petite mauvaise.

Mme SAINT-VALLIER—Allons, Blanche, n'as-tu pas entendu? Va dire bonsoir à notre cher protecteur.

JOLIN, après l'avoir embrassée au front, et la retenant par la main—Adorable enfant! que ne ferait-on pas pour être aimé d'elle!

BLANCHE, faisant des efforts pour s'échapper—Laissez-moi, monsieur!... Ô mon Dieu! (Elle détourne la tête et se met à pleurer.)

JOLIN—Encore des larmes! (La retenant par les deux mains.) Voyons, mon enfant, seriez-vous vraiment malheureuse dans cette maison? Que vous manque-t-il? Êtes-vous lasse de la solitude? Voulez-vous voir le monde? J'appellerai ici toute la société de Québec. Voulez-vous de belles toilettes, des bijoux? Parlez! Dites! Que désirez-vous?

BLANCHE, sanglotant—Rien, monsieur. (Elle s'échappe des mains de Jolin.)

Mme SAINT-VALLIER—Peut-on répondre ainsi à des procédés si généreux! Se montrer ingrate à ce point envers un bienfaiteur, un ange...

JOLIN—Non, non, ma bonne amie, ne parlons point de cela; ni elle ni vous ne me devez rien. La satisfaction de ma conscience est la seule récompense que je cherche en faisant le bien.