THIBEAULT—Y a un bout de temps qu'il doit être dans le parc, comme tous, les soirs, à attendre vos ordres.
JOLIN—Dis-lui que j'ai affaire à lui. (Pantomime.) Tu comprends?
THIBEAULT—C'est pas difficile.
JOLIN—Dépêche-toi.
THIBEAULT—Ça y est. (Il sort.)
SCÈNE VI
JOLIN, seul.
JOLIN—Jolin, voici le moment de mettre la dernière main à ta fortune... ou de perdre tout ce que tu possèdes. Question de vie ou de mort, Jolin! Oui, il faut lui enlever ce maudit papier, il le faut... à tout prix!... Ah! ma fortune! Il veut m'arracher ma fortune... mon bien, mon argent, ma vie!... Tout ce que j'ai passé la première partie de mon existence à désirer, et dont je n'ai pu profiter encore dans la seconde! Cette fortune pour laquelle je risque tous les jours la prison et l'échafaud... Ah! nous allons voir!... Non, monsieur Auguste DesRivières, vous ne m'arracherez pas ainsi le cœur. Auriez-vous tous les démons de l'enfer à votre service, vous ne réussirez pas. Plutôt vous étrangler de mes propres mains... Oui, oui, un meurtre, s'il le faut... la potence plutôt que la ruine... Oh! que je sois damné, mais que je sois riche!... riche!... riche!...
(La toile tombe.)