CAYOU, bas à Josepte—Tais-toi donc; songe donc qu'il a fait quatre fois sa fortune. (À Auguste.) Écoutez-la pas, allez; c'est toujours comme ça les femmes. Allons, on prend-y encore un coup? (Ils vident un autre verre.) Je gagerais qu'y a pas longtemps que vous êtes arrivé par icitte.

AUGUSTE—Quelques heures seulement. J'étais à bord du Volcan, le navire français arrivé de ce matin. Il y a vingt-deux ans que j'ai quitté le Canada.

CAYOU—J'ai vu ça tout de suite, que vous étiez canayen. Et vous r'venez vous établir dans le pays, je suppose.

AUGUSTE—Je ne sais pas; cela dépendra des affaires que j'ai à régler ce soir avec Jolin.

CAYOU—Vous allez chez Jolin à soir?

AUGUSTE—Oui; qu'y a-t-il là de si extraordinaire?

JOSEPTE—Cayou, tu sais... tourne...

AUGUSTE—Voyons, qu'y a-t-il?

CAYOU—Rien. On prend-y encore une larme?

AUGUSTE—Pas d'objection. A la saluta! (Ils trinquent.) Mais corpo di Baccho! vous ne m'avez pas dit comment ce vieux coquin de Jolin a fait sa fortune.