ADRIEN—Et moi, vous êtes mon seul ami. Mais n'y aurait-il pas moyen de forcer ce Jolin...

AUGUSTE—Oh! d'abord je n'ai pas les moyens de faire un procès; et puis, vous êtes homme de loi, vous savez qu'on ne peut attaquer les titres de Jolin par preuve testimoniale, et qu'il faudrait absolument cette fatale contre-lettre pour avoir des chances de succès... Non, mon ami, il faut abandonner tout espoir de ce côté; je suis bien et dûment volé!...

SCÈNE III

LES PRÉCÉDENTS, BLANCHE.

BLANCHE, entrant—Adrien, monsieur DesRivières, sauvez-moi, au nom du ciel.

ADRIEN—Vous, Blanche... ma chère Blanche? Mais d'où venez-vous? Comment êtes-vous ici? Que s'est-il donc passé?

AUGUSTE—Asseyez-vous, mon enfant; vous êtes épuisée... Quelque nouvelle infamie de Jolin, sans doute?

BLANCHE, s'asseyant—Fermez la porte; on va me poursuivre certainement... Bien des personnes m'ont rencontrée sur la route; je courais comme une folle... Vous me défendrez, n'est-ce pas?

ADRIEN—Ne craignez rien, Blanche; vous avez ici des amis prêts à vous sacrifier leur existence.

AUGUSTE—Et pour l'un d'eux le sacrifice ne serait pas bien grand, allez!