CAYOU—Cré tire-bouchon! il avait ben ses raisons pour être aussi charitable.
JOSEPTE—Tais-toi, Cayou! c'est encore les mauvaises langues qui disent ça. Ça va faire un mariage, vous verrez.
ADRIEN, se levant brusquement—Jamais!... Pierre Jolin n'épousera Blanche Saint-Vallier qu'en me passant sur le corps!
JOSEPTE, plus bas—Ah! tiens, je l'avais oublié lui. Le pauvre jeune homme est emmouraché de la demoiselle, vous savez; mais la mère veut pas en entendre parler. C'est pourtant un jeune homme comme il faut, allez, je vous assure. C'est un clerc avocat, de Montréal, à ce qui paraît... Y passe presque tout son temps à écrire des lettres.
AUGUSTE—Oui?... Pauvre garçon, chacun son tour (Se levant.) Allons, bonnes gens, merci de vos renseignements sur maître Jolin. Décidément ça ne me paraît pas du bois de calvaire. Mais je saurai bientôt à quoi m'en tenir, car je mets le cap de ce côté; et cette nuit même, Jolin et moi, nous nous reverrons.
CAYOU—Vous allez si tard au Domaine?
AUGUSTE—Pourquoi pas? y aurait-il quelque danger?
JOSEPTE—Y a les brigands, vous savez.
AUGUSTE—Ah! quant à cela...
JOSEPTE—Et puis vous pourriez vous écarter; il fait si noir!