AUGUSTE—Oh! je connais le chemin.
CAYOU—Et puis vous entrerez certainement pas chez M. Jolin à cette heure-citte. La porte se ferme au soleil couché, et le diable la ferait pas rouvrir.
AUGUSTE—Eh bien, je serai plus fort que le diable, voilà tout. Allons, salam alicum! c'est-à-dire god nicht! (Il va pour sortir.)
CAYOU—Eh ben, et vot' dépense?
AUGUSTE—Ah! ah! c'est juste. J'ai vu des pays barbares où le voyageur entre dans la première case venue, se fait servir ce qu'il y a de meilleur, et s'en va sans autres formalités. Dans nos pays civilisés, ce n'est pas la même chose. (Il jette un trente-sous sur la table.) Tenez, voilà tout ce qui me reste.
CAYOU, furieux—Tout ce qui vous reste! mais c'est à peine la moitié.
AUGUSTE—Vous avez bu l'autre moitié: nous sommes quittes.
CAYOU—Mais vous m'avez invité, million de carafes! Comment? un homme qui a fait sa fortune quatre fois...
AUGUSTE—Allons donc, my dear, quand je vous disais que j'avais fait quatre fois ma fortune, il vous était facile de comprendre que je l'avais perdue au moins trois fois. A mon équipage, la quatrième était présumable.
JOSEPTE—Je m'en doutais, moi; ç'avait l'air de rien. Ça vient boire le butin des pauvres gens, et puis, bonsoir la compagnie!