CHAPITRE IV
Lisée n'eut pas besoin de réitérer son invitation à la promenade. Dès qu'il eut vu son maître se diriger vers la porte, Miraut, avant lui, s'y précipita, et avec un tel enthousiasme qu'il s'empâtura dans les jambes du chasseur et manqua de le faire piquer une tête en avant, à la grande joie de la Guélotte, qui ricana :
— S'il pouvait seulement lui faire ramasser une bonne bûche et lui cabosser le nez comme je voudrais !…
Mais Lisée, bonne pâte, ne fit pas semblant d'entendre. Il sourit à son toutou et, penché sur lui, peut-être simplement pour faire rager sa femme et lui prouver que son affection n'était point amoindrie, se mit à lui parler avec une sorte de zézaiement maternel :
— Que n'est-i content ce petit ciencien de sortir avec son papa Lisée ?
— Rrr aou, répondait Miraut en lui léchant le nez.
— Qu'on va-t'i serser des yèvres ?
— Bou ! hou ! reprenait le petit chien.
— Grand idiot ! ricanait la femme tandis qu'ils gagnaient la porte tous deux, l'un gambadant, la gorge pleine d'abois joyeux, l'autre riant silencieusement dans sa barbe de bouc.
Miraut avait compris le sens général des paroles de Lisée. Il savait qu'on allait sortir et courir et jouer ; la direction de la porte prise par son maître lui confirmait d'ailleurs cette merveilleuse promesse.