—Vous êtes l'ami de M. de Perusset; pourquoi n'allez-vous pas à la sacristie?
Il grelottait, et ses yeux étaient troublés.
—Venez avec moi, me dit-il du ton suppliant d'un enfant peureux; vous êtes l'ancien maître de la mariée.
—Non, non, je ne peux pas, répliquai-je.
—Et moi, je n'ose pas.
Nous nous comprenions si bien! Alors, pour nous affranchir, nous sortîmes lentement de l'église, emportant chacun nos cœurs lourds, qu'un sourire avait fait déborder.
Nous restâmes sous la colonnade, en haut des marches, sans échanger une parole. Que nous serions-nous dit?
Nous attendîmes parmi les mendiants qui se pressent toujours sur le passage des heureux ou des affligés. N'étions-nous pas aussi des mendiants insatiables?
Après une demi-heure de cette attente, les portes s'ouvrirent à deux battants, et sur le tapis de velours rouge, qui descendait jusqu'au trottoir, la noce défila orgueilleusement. Louise passa devant nous; c'était à ciel ouvert; son cœur pouvait s'entr'ouvrir.
—Au revoir, mon bon ami, me dit-elle de cette voix que je n'avais pas entendue depuis trois ans, et qui avait pris plus de sonorité profonde.