Avec du travail, de la persévérance, de l'intelligence, on peut toujours se sortir d'affaire; il faut compter sur soi, sur ses efforts personnels et matériels, et non sur des protections, des passe-droits.

On peut reconnaître le vrai riche qui a eu des revers, à ce qu'il ne parle jamais de son temps de splendeur. Le pauvre, qui a eu soi-disant des malheurs, est chipie et pimbêche à l'excès (pardon, mais ces deux mots n'ont pas de masculin, ces défauts étant très particuliers aux femmes); il tient à faire sentir à tout instant qu'il vaut mieux que sa position, tellement il a peur qu'on ne s'en aperçoive pas!

Il y a des personnes auxquelles il manque toujours quelque chose pour réussir; la plupart du temps, elles se plaignent de ne pas avoir de fonds; ceux qui en ont, s'empressent de les perdre; d'autres réussissent sans capitaux, ou avec capitaux!

—C'est la chance! disent les premières.

C'est-à-dire, c'est de savoir saisir la chance quand elle passe et de savoir aussi la retenir.

Ce que je vois de bonnes occasions auprès desquelles passent quantité de gens qui ne les voient pas parce qu'ils regardent trop haut ou qui ne veulent pas prendre la peine de se baisser!

Aujourd'hui, le commerce, les affaires, sont, peut-on dire, à la mode; nous ne sommes plus au temps où l'on dédaignait de gagner de l'argent. Mais malheur à l'incapable!

L'autre jour, on introduisit auprès de moi une élégante visiteuse, une femme du grand monde; elle voulait me demander des conseils. Elle désirait vendre un secret de parfumerie, puis elle me raconta qu'elle allait gagner de l'argent cet hiver. Elle allait s'occuper de placer du vin parmi ses connaissances. Le marchand lui avait promis une belle commission, mais elle ne voulait pas qu'on le sût.

J'avoue que je n'approuve pas tout à fait ce manège, parce que j'aime que l'on ait le courage de son opinion. Les personnes qui sont obligées de chercher de cette façon à se procurer de l'argent sont à plaindre, car elles souffrent réellement; il faut les plaindre d'autant plus que, la plupart du temps, l'argent qu'elles cherchent ainsi à se procurer ne servira qu'à leur fournir des satisfactions d'amour-propre, bientôt suivies de déceptions cruelles.

Pour en revenir au choix d'une profession, une instruction complète donnant la connaissance d'une foule de choses pratiques, c'est-à-dire ne se bornant pas aux études scientifiques et aux beaux-arts superficiels, mais ayant enseigné aussi une partie commerciale et, avec cela, la volonté et l'intelligence des choses, voilà la meilleure profession.