N'oubliez pas vos succès en ces lieux
Emportez nos regrets, laissez-nous l'Espérance.

On prétendit que c'était un calembourg pour Nadèje.

Je la fis débuter à l'âge de quinze ans, à la Comédie-Française, sous les plus heureux auspices…

Je n'ai pas le courage de compléter cette biographie, et je ne puis que rapporter ces lignes d'un journal de 1832, sur sa mort:

C'est cette intéressante orpheline qui, par les soins de madame Fusil, était devenue une actrice charmante, et dont tous les journaux ont parlé lors de son début au Théâtre-Français. Elle était la gloire et l'espérance de sa mère adoptive, qui l'a perdue à l'âge de vingt ans. Voici quelques vers touchants que sa mort a inspirés à madame Desbordes-Valmore, et qui ont été gravés sur sa tombe:

Elle est aux cieux, la douce fleur des neiges,
Elle se fond aux bords de son printemps.
Voit-on mourir d'aussi jeunes instans!
Mais ils souffraient, mon Dieu! tu les abrèges.

Son sort a mis des pleurs dans tous les yeux:
C'était, je crois, l'auréole d'un ange
Tombée à l'ombre et regrettée aux cieux;
D'un peu de vie, oh! que la mort te venge.

Fleur dérobée au front d'un séraphin;
Reprends, ton rang avec un saint mystère,
Et ce fil d'or dont nous pleurons la fin
Va l'attacher autre part qu'à la terre!

FIN.

NOTES