— Oui, oui. Je monte chercher un mouchoir. En attendant, tu vas t’asseoir, Abraham, je redescends tout de suite ou, si tu venais voir ma chambre ?

Ils montèrent, il entra chez Angèle : « Le Père Blinkine est là, dit-il, il veut te voir. Habille-toi tout de suite et rondement. » Il la prit, la mit debout. Elle se laissait faire comme une somnambule. Il dut lui passer sa chemise, ses bas, un jupon, un peignoir. Il l’emmena dans sa chambre ; elle vit le moine, baissa la tête ; enfin, elle se jeta à ses pieds en pleurant. Bernard poussa un soupir de soulagement et redescendit :

— Angèle a trouvé le Père dans le couloir et elle en profite pour se confesser, on me congédie.

— Se confesser ? dit Mauléon. Et en quel honneur ?

— Tu ne sais donc pas, fit la Tante Rose, que c’est dimanche la fête de la Sainte Vierge. Mécréant, va !

— Ah ! bon, ne te fâche pas.

Le facteur entrait, porteur d’un télégramme pour Angèle.

— Je devine ce que c’est, dit Mauléon.

— Bien sûr, répondit la Tante Rose, ce n’est pas très difficile. N’est-ce pas, monsieur Rabevel ?

— Je crois deviner aussi, fit Bernard.