— Oui.

— L’avez-vous relu ?

— Lu et relu.

— Alors c’est Roméo et Juliette. Parfaitement. J’ai deviné. Œuvre sublime !

Et, le livre fermé, Marc déclama une tirade de Roméo.

— Comment, s’exclama Rabevel, vous connaissez par cœur ce passage entier ?

— Je l’ai si souvent lu ! il exprime tant de choses si proches de moi-même. N’est-ce pas le propre de ces grands écrivains que d’être avant tout des grands hommes ! Olivier, mieux que moi, doit sentir cela.

— Je sens en effet que les grands écrivains sont les plus universels.

— D’où il suit, conclut Isabelle, que chacun est assuré de trouver dans une belle œuvre au moins une partie qui l’émeuve plus profondément parce qu’elle est sœur de lui-même ?

— Je le pense, dit Olivier. Il y a dans Roméo et Juliette toute une scène haletante et équivoque entre Juliette et Dame Capulet dont j’ai toujours été remué plus que du reste…