Sans doute la chose ne pouvait rester longtemps tout-à-fait secrète. Un soir qu’il sortait de son bureau avec Marc, Noë et Olivier, il leur dit :

— Ma voiture vient me prendre. Je vais à Armenonville. Voulez-vous que je vous dépose quelque part ?

— Volontiers, dit Noë, à la Porte-Maillot par exemple.

Comme la voiture stoppait à l’entrée du Bois de Boulogne et au moment où ils allaient se quitter, Rabevel demanda :

— Votre soirée de demain est-elle prise ?

Et sur la réponse négative qui lui fut faite :

— Alors, dit-il, je compte que vous voudrez bien assister à la petite réception que ma femme a organisée ; il y aura malheureusement beaucoup de monde mais je voudrais bien vous y voir tous les trois comme c’est la dernière réception qu’elle donne avant notre départ pour la campagne…

Ils acceptèrent ; l’automobile démarra tandis que Rabevel leur faisait un signe amical de la main.

Noë emmena les jeunes gens dîner à la Cascade. Quelques heures après, comme ils revenaient à pied vers la ville en devisant dans la nuit fraîche, ils croisèrent une automobile qu’ils reconnurent. Elle était brillamment éclairée et allait à toute petite allure. Ils y distinguèrent Rabevel penché avec ferveur sur les doigts d’une femme.

Marc et Olivier se regardèrent en silence ; c’était Balbine Vassal.