— Enfin que décidons-nous ?
— De leur faire une surprise. Il est entendu que tu sais où je suis et que je les préviendrai de mon arrivée c’est-à-dire du jour où je pourrai venir les voir ; mais je ne veux pas, disons par coquetterie, leur apparaître sous mes pansements.
— Bien. Autre chose ; j’attends une visite intéressante : celle de Vassal.
— De Vassal ? dit Olivier surpris. Mais je le croyais aux travaux forcés depuis son attentat commis contre Rabevel le jour de mon départ de Bordeaux, voici déjà quelques années, ma foi !
— Oui, il avait été condamné bien sévèrement. Mais il a fait l’objet de mesures de clémence et, il faut bien le dire, sur les instances de sa victime elle-même.
— La victime lui devait bien cela.
— Alors cet homme de cinquante ans a contracté un engagement et s’est, paraît-il, comporté avec une bravoure et, ce qui est plus beau et plus rare, un stoïcisme étonnants. J’ai reçu il y a quelques jours une lettre de lui me demandant un rendez-vous. Il sera là tout à l’heure, je pense.
— Et que devient sa fille ?
— Je l’ai rencontrée deux ou trois fois chez des amis que je lui connais et que je fréquentais assidûment lors de mes permissions. C’est elle, la vraie victime ; ceux-là mêmes qui devraient lui être les plus chers ne peuvent lui inspirer que du dégoût ; car le père est un homme à la mer ; quant à Balbine, tu sais ce qu’elle vaut…
— Il faudrait la sauver, lui chercher un mari. Cela ne peut-il pas se trouver ?