— Je ne sais pas, répondit Marc.
— Certainement si, reprit Olivier en regardant fixement son ami. Ne la crois-tu pas digne d’être aimée ?
— Oui, dit franchement Marc. Mon père s’est enquis d’elle. Elle a tout pour rendre un homme heureux et c’est une nature exquise mais absolument refermée. Elle couve la honte dont elle se croit héritière. Que ses parents sont coupables ! et quel malheur pour les enfants de souffrir par leurs parents ! Ne pouvaient-ils vivre seuls dans un désert ?
— Comme moi ?
Marc rougit, mais, devant le sourire d’Olivier :
— Eh bien ! oui, là !
— Tu as bien raison ; je sais bien que c’est le seul endroit où je puisse vivre normalement. Des gens comme nous dans la société, et c’est le meurtre, le désordre, le malheur des innocents. Regarde, hélas ! nos victimes : Isabelle, Nicole… jusqu’au jour où nous nous entre-dévorerons. Car Vassal sans doute n’a pas renoncé à punir Rabevel et Balbine…
— Non, je pense… Ni Balbine à te posséder… Ni, sans doute, Isabelle à te conquérir.
— Tu vois que je dois partir et partir bientôt ? n’est-ce pas ?
— Écoute, dit Marc, voici la guerre proche de son terme. Il est probable que dès la fin je repartirai pour les Indes ou l’Égypte afin de terminer mes sondages commencés avant la guerre pour la Société Industrielle des Pétroles. Veux-tu venir avec moi ? c’est ton chemin vers l’Australie.