Le héraut d'armes Bourgogne se mit en marche accompagné de Guyenne pour atteindre François Ier à la chasse dans la forêt; quand ils virent les tours de Lonjumeau, Guyenne ayant distancé Bourgogne revint bientôt en disant: «Le roi est encore à la chasse avec la duchesse d'Étampes et je n'ai pu les rejoindre.» Après bien des allées et des venues, le roi de France enfin fit dire qu'il recevrait le message de Charles-Quint dans le château des Tournelles à Paris, et Bourgogne se hâta de s'y rendre conduit par le grand-maître de Montmorency, montrant partout une vive impatience de remplir son office.

Dès que le Roi l'aperçut, il s'écria:

—Héraut Bourgogne m'apportes-tu l'assurance du camp[222]?

—Permettez, sire, que je fasse mon office et que je lise le cartel que l'Empereur mon maître m'a chargé de porter à votre majesté.

—Héraut Bourgogne, je te le répète, m'apportes-tu la sûreté du camp?

Le héraut Bourgogne, au lieu de répondre, se mit en mesure de lire le cartel dans son entier. Le Roi l'interrompit:

—Assez, Bourgogne! donne-moi d'abord la patente de sûreté du champ-clos, et tu harangueras ensuite tant que tu voudras.

—J'ai ordre de lire à votre majesté le cartel et de vous le remettre en main.

—Je ne le permettrai pas; ton maître voudrait-il donner des lois dans mon royaume?

—Sire, je ne puis remplir mon office ainsi qu'il m'a été donné: constatez votre refus par écrit et donnez-moi un sauf-conduit pour le retour.