Quand se produira l'inévitable développement de la vidéoconférence multilingue multimédia, il sera nécessaire de corriger visuellement les gestes. Le Media Lab du MIT (Massachussets Institute of Technology), Microsoft et bien d'autres travaillent à la reconnaissance informatique des expressions faciales, l'identification des caractéristiques biométriques par le biais du visage, etc. Il ne servira à rien à un homme d'affaires américain de faire une excellente présentation à un Argentin lors d'une vidéoconférence multilingue sur le web, avec son discours traduit dans un espagnol argentin parfait, s'il fait en même temps le geste O avec le pouce et l'index. Les ordinateurs pourront intercepter ces gestes et les corriger visuellement. Les cultures diffèrent de milliers de façons, et la plupart d'entre elles peuvent être modifiées par voie informatique lorsqu'on passe de l'une à l'autre. Ceci inclut les lois, les coutumes, les habitudes de travail, l'éthique, le change monétaire, les différences de taille dans les vêtements, les différences entre le système métrique et le système de mesures anglophone, etc. Les firmes dynamiques répertorieront et programmeront ces différences, et elles vendront des produits et services afin d'aider les habitants de la planète à mieux communiquer entre eux. Une fois que ces produits et services seront largement répandus, ils contribueront réellement à une meilleure compréhension à l'échelle internationale."
= Expériences
François Vadrot, directeur de FTPress (French Touch Press), société de presse en ligne, écrit en mai 2000: "Peut-on réellement penser que toute la population du monde va communiquer dans tous les sens? Peut- être? Via des systèmes de traduction instantanée, par écrit ou par oral? J'ai du mal à imaginer qu'on verra de sitôt des outils capables de translater les subtilités des modes de pensée propres à un pays: il faudrait pour lors traduire, non plus du langage, mais établir des passerelles de sensibilité. A moins que la mondialisation n'uniformise tout cela?"
Alex Andrachmes, producteur audiovisuel, écrivain et explorateur d'hypertexte, est tout aussi dubitatif. Il écrit en décembre 2000: "J'attends les fameuses traductions simultanées en direct-live… On nous les annonce avec les nouveaux processeurs ultra-puissants, mais on nous les annonçait déjà pour cette génération-ci de processeurs. Alors, le genre: vous/réservé/avion/de le/november 17-2000… Non merci. Plus tard peut-être."
En 2000, la généralisation de l’internet et du commerce électronique entraîne toutefois le développement d’un véritable marché avec les produits et services des sociétés SYSTRAN, Alis Technologies, Lernout & Hauspie, Globalink et Softissimo, entre autres, à destination du grand public, des professionnels et des industriels.
SYSTRAN (acronyme de "System Translation"), pionnier dans le traitement automatique des langues, est l’auteur du premier logiciel de traduction gratuit du web, lancé en décembre 1997. AltaVista Translation, appelé aussi Babel Fish, est un service de traduction automatique de pages web de l'anglais vers les langues suivantes : allemand, français, espagnol, italien et portugais, et vice versa. Ce service est proposé à la demande d'AltaVista, moteur de recherche utilisé par douze millions d'internautes, suite au problème des langues devenu sensible sur l'internet. Le siège de SYSTRAN est situé à Soisy-sous-Montmorency (France). Sa succursale, située à La Jolla (Californie), assure les ventes et le marketing, ainsi qu'une partie de la R&D (recherche et développement).
Basée à Montréal (Québec), Alis Technologies développe et commercialise des solutions et services de traitement linguistique au moyen de logiciels de traduction qui transforment des systèmes informatiques unilingues en outils multilingues.
Basé à Ypres (Belgique) et Burlington (Massachusetts, États-Unis), Lernout & Hauspie (racheté ensuite par ScanSoft) propose des produits et services en dictée, traduction, compression vocale, synthèse vocale et documentation industrielle. Les technologies couvertes incluent la reconnaissance automatique de la langue, la compression numérique de la parole, le passage du texte à la parole, et la traduction. Les produits émanant des trois premières technologies sont vendus aux grandes sociétés des industries suivantes: télécommunications, informatique, multimédia, électronique grand public et électronique automotrice. Les services de traduction (passage du texte au texte) sont à destination des sociétés en technologies de l'information, des marchés verticaux et des marchés d'automatisation. De plus, le Machine Translation Group (Groupe de traduction automatique) formé par Lernout & Hauspie comprend des entreprises qui développent, produisent et vendent des systèmes de traduction: L&H Language Technology, AppTek, AILogic, NeocorTech et Globalink.
Fondé en 1990, Globalink est une société spécialisée dans les logiciels et services de traduction. Elle offre des solutions sur mesure à partir d'une gamme de logiciels, options en ligne et services de traduction professionnelle. La société diffuse ses logiciels de traduction en allemand, anglais, espagnol, français, italien et portugais, et propose des solutions aux problèmes de traduction des particuliers, petites sociétés, multinationales et gouvernements, que ce soit pour un produit individuel donnant une traduction préliminaire rapide ou un système complet permettant de gérer des traductions de documents professionnels.
Le site web donne les informations suivantes en 1998: "Avec les logiciels d'application de Globalink, l'ordinateur utilise trois ensembles de données: le texte à traiter, le programme de traduction et un dictionnaire de mots et d'expressions dans la langue-source, ainsi que des informations sur les concepts évoqués par le dictionnaire et les règles applicables à la phrase: règles de syntaxe et de grammaire, y compris des algorithmes gouvernant la conjugaison des verbes, l'adaptation de la syntaxe, les accords de genre et de nombre et la mise en ordre des mots. Une fois que l'utilisateur a sélectionné le texte et lancé le processus de traduction, le programme commence à comparer les mots du texte à traiter avec ceux qui sont stockés dans le dictionnaire. Une fois l'adéquation trouvée, l'application prépare une notice complète qui inclut des informations sur les significations possibles du mot et, d'après le contexte, ses relations avec les autres mots dans la même phrase. Le temps requis pour la traduction dépend de la longueur du texte. Un document de trois pages et 750 mots demande un traitement de trois minutes environ pour une première traduction."