SECONDE PARTIE.
De la Propagation du Feu.

I.
Comment le Feu est distribué dans les corps.

LE Feu est distribué ici-bas de deux façons différentes.

1o. Egalement dans tout l’espace, quels que soient les corps qui le remplissent, lorsque la température de l’air qui les contient est égale.

2o. Dans les créatures qui ont reçû la vie, lesquelles contiennent plus de Feu que les Végétaux, & les autres corps de la Nature.

Le Feu agit sur toute la Nature. Le Feu étant répandu par-tout, exerce son action sur toute la Nature, c’est lui qui unit & qui dissout tout dans l’Univers.

Mais cet être dont les effets sont si puissans dans nos opérations, se dérobe à nos sens dans celles de la Nature, & il a fallu des expériences bien fines, & des réfléxions bien profondes pour nous découvrir l’action insensible que le Feu exerce dans tous les corps.

Si l’équilibre que le Feu affecte, n’étoit jamais interrompu, ni dans nous-mêmes, ni dans les corps qui nous entourent, nous n’aurions aucune idée du froid, ni du chaud, & nous ne connoîtrions du Feu que sa lumiére.

Mais comme il est impossible que l’Univers subsiste, sans que cet équilibre soit à tout moment rompu, nous sentons presque à chaque moment les vicissitudes du froid & du chaud que l’altération de notre propre température, ou celle des corps qui nous environnent, nous font éprouver.

L’action du Feu, lorsqu’elle se cache, ou lorsqu’elle se manifeste à nous, peut être comparée à la force vive & à la force morte; mais de même que la force du corps est sensiblement arrêtée sans être détruite, aussi le Feu conserve-t-il dans cet état d’inaction apparente, la force par laquelle il s’oppose à la cohésion des parties des corps, & le combat perpétuel de cet effort du Feu, & de la résistance que les corps lui opposent, produit presque tous les Phénomenes de la Nature.