En quelle raison les corps communiquent leur chaleur. 5o. Un cube de Fer chaud étant mis entre deux cubes froids, l’un de Marbre, & l’autre de Bois, ce Fer se refroidira plus par le contact du Marbre, mais il échauffera davantage le Bois dans un même tems, car le Marbre s’échauffe plus difficilement que le Bois, à peu près en raison de la pésanteur spécifique de ces deux corps.

Mais si on laisse ces trois cubes assez long-tems dans un même lieu, la chaleur du cube de fer se distribuera aux deux autres, & à l’air qui les entoure; de façon qu’au bout de quelque tems, ils seront tous trois de la même température que l’air dans lequel ils sont.

Du refroidissement des fluides. 6o. Les différentes liqueurs se refroidissent dans un tems proportionnel à peu près, à leur masse, & à la glutinité de leurs parties.

7o. La chaleur des corps qui se refroidissent, est plus forte au centre, car le Feu abandonne toujours la superficie la premiere.

8o. L’eau qui éteint le Feu, conserve le Phosphore d’urine, car ce Phosphore, tant qu’il ne brûle pas, est comme un Feu éteint, ainsi l’eau l’éteint en un sens en le conservant; c’est une espece de créature qu’on lui confie, & qu’elle rend dès qu’on la lui redemande.

Toutes ces regles, selon lesquelles le Feu abandonne les corps, sont sujettes à des exceptions, de même que celles selon lesquelles il les pénetre, mais le détail en seroit infini.

Le Pyrometre qui nous a appris la marche de la dilatation des corps, nous marque aussi celle de leur contraction: en général, les corps se contractent d’autant plus lentement qu’ils se sont moins dilatés par un même Feu, & vice versâ, le Feu abandonne les corps plus lentement qu’il ne les pénetre, &c. Mais les bornes que je me suis prescrites, ne me permettent pas d’entrer dans le détail de ces expériences.

XIII.
Des causes de la Congélation de l’Eau.

Il y a trois sortes de froids.

Le premier est celui qui dépend de la disposition de nos organes, car nos sens nous font souvent juger qu’un corps est plus froid qu’un autre, quoiqu’ils soient tous deux de la même température; c’est par cette illusion que le Marbre nous paroît plus froid que la Laine, que le Peuple croit les Caves plus chaudes en Hiver qu’en Eté, &c.