— Qu’as-tu répondu ?
— Que je vous ai obéi et que vous n’aviez pas peur.
— Et s’il arrivait quelque chose, Issa ?
— Il faudrait d’abord me tuer, et ce ne serait pas facile.
— Cependant, tu es venu…
— Vous avez commandé, j’ai obéi.
Alors, devant ce khan, où déjà tout le monde s’était endormi, nous parlâmes d’autre chose. Issa se mit à me dire du mal de Mahomet, qu’il détestait. Sans être un chrétien intransigeant, il affirmait que le Prophète était un brouillon, un rien du tout, un voleur, et que tous les Turcs lui ressemblaient. Ce qu’il admirait le plus, en Jésus, c’était d’être le fils de Marie, d’une Vierge, d’une créature angélique et divine, tandis que la mère de Mahomet ne valait rien. Dans la nuit, peu à peu, il s’emportait contre le muletier de Médine, qui s’était permis de fonder une religion.
— Tu ne dis pas cela aux Turcs, Issa ?
— Mais si, je leur répète qu’ils sont tous des ânes, eux et leur Mahomet.
— Que font-ils ?