— Montre voir, dit Martin.
Un des fantassins se baissa, ramassa quelque chose dans les pierres et tendit une tête à l’officier.
— C’est Hassou, dit Martin ; je donnerai deux cents douros pour sa tente. Et vos « yeux » à vous ? ajouta-t-il.
— Je n’ai dehors que mon neveu et sa mère ; où les hommes ne passeraient plus, le garçon passera ; là où il échouerait, la femme réussira.
— Est-ce déjà si serré que cela ? demanda Martin.
— C’est serré, répondit le caïd, nous cherchons le petit. Toi, va-t’en et retourne au camp. Dès que je saurai quelque chose je te préviendrai. Moi je reste ici : j’ai vingt selles, trente piétons et j’attends que le convoi soit passé, là en bas. Si tu le peux, active sa marche, j’ai hâte de rentrer à mon douar.
— Rentre alors, le dernier convoi est passé, dit Martin, et merci, caïd !
Le groupe se dissocia et chacun disparut de son côté dans le brouillard.
— J’ai pataugé étrangement pour revenir, disait une heure après Martin à son camarade ; la brume diffuse les bruits du camp qui auraient pu me guider. C’est mon cheval qui m’a ramené.
Puis il lui exposa l’effet de sa démarche.