— A quand l’attaque ? demanda Martin.
— Lorsque l’orage éclatera ; ce sont les femmes qui le disaient.
— Il va donc y avoir un orage ?
— Oui, vers le milieu de la nuit.
— Qui commande les Ghouara ?
— Sidi Raho, répondit la femme. Et se courbant en deux d’un mouvement qui, dans sa position assise, dénotait une souplesse singulière, elle baisa la terre devant ses genoux. Puis, jugeant sa mission terminée, elle fit mine de partir.
— On va te donner un abri, dit Martin, tu ne peux courir deux fois ce risque…
— Fais-moi conduire hors de vos lignes et ne t’occupe de rien, dit la femme. Le caïd m’a dit de revenir et le petit m’attend.
— Elle n’a peut-être pas confiance dans notre succès, fit Dubois en riant quand la femme fut partie, ou bien elle veut voir le combat à son aise, en sauvage qu’elle est, du côté qui lui est le plus familier.
Un instant après, le chef de colonne était prévenu de la menace. Des ordres rapides furent donnés à l’utilité desquels personne ne crut. Mais on obéit, toutes les dispositions furent prises et la veille silencieuse commença.