— Que Dieu te soit en aide, dit-il à la femme qui répondit :
— En aide à moi et à toi !
— Nous sommes fatigués, reprit l’homme ; je n’ai pas laissé d’invoquer tous les saints de l’Islam. Les musulmans ne sont plus des musulmans. Il n’y a pour nous faire l’aumône que ces chrétiens et les mécréants.
Sa mauvaise humeur ainsi exhalée, il causa posément avec la femme. Il l’avait plusieurs fois remarquée en passant et quelque méditation du génie de son espèce l’incitait à s’approcher d’elle.
— Es-tu donc Qadiriya, lui dit-il, que tu invoques tout le temps Si Abdelqader ?
— Non, j’ai appris ce nom, je ne sais pas quel est ce saint, répondit la femme.
— C’est un très grand saint, dit l’homme, que Dieu soit satisfait de lui ! Mais dès lors qu’il ne s’agit pas pour toi d’un vœu spécial, tu ferais mieux, dans cette ville où il y a tant d’étrangers, d’invoquer les saints qui les intéressent.
— Qui donc me les ferait connaître ? dit la femme.
— Moi, si tu veux.
— Que Dieu te récompense !