— Aes triplex, murmura la voix de Mongarrot.
— Mais il y a d’autres espèces, continua Martin ; nous connaissons, par exemple, le roumi néfaste, le roumi inopérant, le pratique, le…
— Quel est le roumi néfaste ? demanda Duparc.
— Cette espèce comprend plusieurs variétés, reprit Martin, je ne saurais ici les décrire toutes ; mais, me tenant sur le seul terrain militaire, je vous en montrerai une par un exemple. Imaginez le chef d’un escadron à qui l’on aurait confié des chasseurs d’Afrique, qui en colonne s’écarterait à plus de deux cents mètres de l’infanterie et, sans y être forcé par l’absence de troupes spéciales, ferait faire à ces enfants de France un métier de spahis ou les enverrait battre l’estrade comme des partisans. Il est sûr de se faire rafler ses canards.
— Mais il ne pécherait que par ignorance, objecta Duparc.
— La première fois, répondit Martin ; la seconde, ce sera par roumite chronique. Maintenant cela vous intéresse-t-il de savoir ce qu’est le roumi pratique, le roumi poire, le roumi conscient, l’inconscient, le journaliste et toutes les variétés du roumi civil ?
— Ils sont trop, gémit Duparc, je me contenterai du roumi pratique, quel est-il ?
— C’est un modèle fréquent, en particulier chez les militaires ; sa doctrine se résume en une formule de quatre mots : Dix-huit mois, une colonne, une proposition au choix, le bateau. Laissez-moi, pour finir, ajouta Martin, vous signaler une sorte dernière. On n’en parle jamais, et c’est une ingratitude qu’il me plaît aujourd’hui de réparer. Il s’agit du roumi nécessaire.
— Quel est donc celui-ci ? dit Duparc.
— C’est le roumi de France, celui qui paie, conclut Martin.