— Dépêchons, dit Martin, sans quitter sa place, nous sommes ici à huit kilomètres du caravansérail de Harcha. L’automobile repartit.

— J’aurais bien voulu changer ou nettoyer mes bougies, dit le chauffeur.

La piste longeait le revers sud du Mouichenn ; à droite, le terrain disparaissait tout d’une pièce dans le grand sillon du Bou Regreg. Un peu avant d’arriver au bois, on passa devant quatre tombes alignées au bord de la route ; un petit monument en forme de pylône les gardait. La vitesse empêcha Duparc de lire les noms inscrits en creux, sous une croix, dans la plaque de ciment qui en parait la face.

— Un petit détachement qui est resté là, renseigna Martin.

Au moment où l’automobile prenait la piste sous bois, Mongarrot dit :

— Le fil est coupé.

Ses camarades vérifièrent le fait.

— Ceci est tout récent, dit Martin ; à Tedders, j’ai vu de mes yeux, dans la cabine du sapeur, arriver le télégramme d’Oulmès donnant la composition du convoi descendant. J’ai vu expédier le télégramme annonçant notre départ à 14 heures.

Duparc ne put s’empêcher d’admirer à part soi la perspicacité d’hommes du bled dont faisaient montre ses compagnons, leur faculté d’apercevoir et d’interpréter les détails dont l’importance n’apparaissait point à première vue.

— La fumée était donc bien un signal, comme tu l’as dit, ajouta Martin à l’adresse de Mongarrot.