— Ils sont nombreux, dit Martin, et ils attaquent en règle : encore trop de distance.

Le chauffeur examinait sa machine et tapait à grands coups de marteau sur sa manivelle faussée.

Deux minutes s’écoulèrent, puis Martin dit :

— Je crois qu’on peut commencer.

— Chacun sa part, fit Duparc, qui était artilleur.

— Cuique suum, dit Mongarrot.

Les trois fusils entrèrent en action et, après une quinzaine de cartouches, les silhouettes bondissantes se terrèrent et disparurent.

— Ceci, mes amis, dit Martin, le fil coupé, l’arbre en travers, ce n’était pas pour nous, car ces gens ne pouvaient savoir notre venue. Ils en ont été avertis tardivement par le filet de fumée que vous avez vu. C’est un fort parti qui en veut au convoi et qui aurait bien voulu nous choper avant que nous eussions tiré un coup de fusil. Écoutez !

Le bruit d’une salve lointaine arrivait.

— Le combat est engagé, dit Martin, et plus tôt que l’ennemi ne l’aurait voulu. L’éveil a été donné au camp par notre pétarade. Il nous faut sortir d’ici, traverser vivement la clairière sous le feu des lapins qui sont terrés là-haut, gagner l’autre bois et serrer sur le convoi.