Alors, saisissant rudement Jamblique, les soldats de la police l’entraînèrent vers la prison. Et l’officier reprochait à l’enfant de faire tort à l’Auguste Théodose de la part qui lui revenait dans tout trésor mis au jour :

— Jeune impie, tu seras puni par les justes lois. Quelle est ta patrie ? Quels Dieux sers-tu ? Allons, parle !

Alors, à la commune stupéfaction, Jamblique, tombant à genoux devant la chapelle du marché, s’écria :

— Je suis chrétien et citoyen d’Éphèse. Mon nom est Jamblique, et mon père Adrien est préfet des cohortes de l’empereur Decius !

— Est-il possible de mentir ainsi ! dit un magistrat qui passait. Ignores-tu donc, impudent voleur, que l’auguste Decius tomba sous les coups des Germains, il y a peut-être deux fois cent ans !

— Je ne sais, répondit Jamblique, si je suis le jouet d’un songe. Mais ce que j’affirme, c’est que moi et mes six compagnons avons fui les rigueurs de l’empereur Decius, qui voulait nous obliger à abjurer notre foi. Faites de moi suivant votre volonté : je mourrai en glorifiant le roi Jésus, fils de Dieu !

— En vérité, murmura le diacre de la chapelle, il s’agit là de quelque événement miraculeux, et tout, dans les propos de cet enfant, mérite d’être retenu. Je t’en prie, officier de police, conduis-le, sans le molester, à notre saint évêque Étienne. Celui-ci, dans sa sagesse, décidera. Pour moi, ce sont là des choses qui dépassent mon entendement.

Mais la foule, sans tenir compte de ces propos de modération et de prudence, continuait d’outrager Jamblique. Sans la protection des soldats, on l’eût même chargé de coups. Jusqu’au palais épiscopal, on le lapida avec des tessons, des trognons, des ordures. Et la populace s’excitait à la besogne en hurlant :

— A mort, le voleur ! C’est un imposteur, un insensé, un fou furieux ! Une goule, un fouilleur de tombes, un vampire !