Quand ils eurent fini de parler, ils s’inclinèrent, tous les sept, doucement. Quand on les releva, on vit qu’ils avaient quitté cette vie.
L’empereur Théodose commanda que l’on construisît sept châsses d’or pour y déposer les restes des glorieux dormants d’Éphèse. Mais ils lui apparurent une nuit et le conjurèrent de les laisser dormir leur éternel sommeil dans cette caverne du Celius où ils avaient trouvé asile contre la persécution du siècle.
Véridique Histoire de la Vierge Marine
A Marie de Régnier.
Marine était une vierge chrétienne, fille unique d’un patricien de la Thrace. Étant devenu veuf, cet homme se retira dans un monastère et décida sa fille à l’y accompagner. Sans s’arrêter à ce que cette pieuse fraude pouvait porter en soi de blâmable, Marine revêtit des habits de garçon et entra dans le couvent, où elle prit le froc sous le nom de Frère Marin. Le père de Marine mourut alors qu’elle n’avait pas plus de seize ans. Elle continua de vivre sous ses habits de religieux et de rendre à la communauté tous les services qu’on pouvait attendre d’un jeune homme vigoureux, en tout soumis aux règles de l’ordre et que ne rebutaient point les plus durs travaux.
Il s’agissait, entre autres, de conduire un chariot attelé de bœufs. Poussant ses bêtes puissantes et paisibles vers la ville, Frère Marin s’en retournait avec les provisions et les objets nécessaires à la vie des moines. Mais du monastère à la ville la route était longue, et les ombres de la nuit la rendaient peu sûre. Aussi, quand le jour tombait, Frère Marin avait-il coutume de profiter de l’hospitalité d’un seigneur nommé Pandoche, dont le château se trouvait placé sur son chemin.
Or, il advint que la fille de Pandoche, à la veille de devenir mère et ne pouvant cacher plus longtemps la faute qu’elle avait commise avec un homme de guerre qui avait demeuré sous le toit paternel, avoua à ses parents, qui la pressaient de dénoncer son séducteur, que Frère Marin était le coupable.
Le seigneur Pandoche s’en fut tout aussitôt demander à l’abbé justice d’un pareil crime. Frère Marin, appelé, ne tenta point de se défendre. Il avoua sa faute, ou, pour mieux dire, celle dont on le chargeait. Obéissant à cette charité chrétienne dont son cœur débordait, Marine ne voulut pas que la coupable fût confondue. Sans doute aussi redoutait-elle pour la fille de Pandoche quelque châtiment barbare de la part de ce père irrité. Toujours est-il que Frère Marin se prosterna aux pieds de l’abbé et, se meurtrissant la poitrine, confessa son péché.
La chose était de celles qui demandent une punition exemplaire. L’abbé ordonna que le moine impur fût battu durement de verges et qu’on le chassât ensuite du monastère. Frère Marin supporta son malheur avec une pleine résignation. Trois années durant, on le vit mener une vie de mortifications et de pénitence. Exposé aux intempéries, sans autre abri que le porche, jamais il ne s’éloigna du seuil de son couvent, si glacée que fût la bise et quelle que fût, en sa saison, la pernicieuse ardeur du soleil de Thrace.