Ce tombeau devint rapidement un lieu fertile en miracles. Le premier, et certes le plus considérable, se produisit au bénéfice de l’accusatrice même de Marine. Possédée du démon depuis des années, la fille de Pandoche fut amenée devant le tombeau de la sainte. Ayant confessé son crime et détesté son infâme calomnie, elle en reçut aussitôt un grand soulagement. Et, sept jours après, le démon qui la tourmentait l’abandonna.
Sainte Marine est honorée parmi ces bienheureux que la dévotion des croisés ramena d’Orient dans nos pays de l’Ouest. Ce fut au douzième siècle que les Vénitiens rapportèrent son corps dans leur ville, où ils lui dédièrent une église. Son culte, en France, apparaît comme un peu postérieur. Il semble dater du second quart du treizième siècle.
Sur l’emplacement de l’Hôtel-Dieu actuel se dressait jadis l’église Sainte-Marine. C’était la plus petite paroisse de Paris. Elle ne comptait guère plus de douze paroissiens ; mais de ceux-ci les libéralités suffisaient à assurer le service. La démolition de ce vénérable édifice n’est pas si ancienne que les vieux Parisiens en aient perdu tout souvenir. Alors que les îlots de masures pittoresques entourant le parvis de Notre-Dame n’avaient pas encore disparu sous le pic de M. Haussmann, ce qui restait de la vieille église se pouvait voir dans ce cul-de-sac dit de Sainte-Marine. Le vaisseau délabré servait d’atelier à un raffineur.
C’est dans cette minuscule paroisse que l’official unissait les couples qui, revenus des erreurs de l’union libre, contractaient mariage régulier et valable. Le prêtre bénissait les pécheurs réconciliés et leur passait au doigt un anneau de paille remplaçant en cette occasion la traditionnelle alliance dont use le commun des hommes.
Que l’anneau de paille fût un symbole d’humilité, l’on n’en saurait douter. Il rappelait, aussi et surtout, la légende de sainte Marine, légende entre toutes belle et touchante.
Telle est, sommairement racontée, l’histoire de sainte Marine, que les vieux sculpteurs représentèrent sous la figure d’un moine tenant un enfant au maillot entre ses bras.
Le Miraculeux Serpent de Fondi
A Madame Jean Renouard.
Parmi les religieux du monastère de Fondi, établi, ainsi que chacun sait, par saint Honorat lui-même, il en fut un que personne ne surpassa en mérites non plus qu’en vertus. Or ceci se passait au temps du bienheureux Félix, de l’ordre des Bénédictins. Et Félix vint après Libertin, de glorieuse mémoire, qui vécut à l’époque où Totila, roi des Goths, ravagea l’Italie.